Marie-Tournelle

Samedi 9 août 2008

Avis à tous les gentils sorciers et les fées marraines en puissance  

 Pas de cocktail ni petits fours, mais le plaisir de vous annoncer la naissance de

Marie Poppins,

née le jour de la Saint Amour.

  Retrouvez-la sur http://marie-poppins.over-blog.com/ 

Si le coeur vous en dit, penchez-vous sur son berceau et laissez-lui les commentaires qui vous viennent.

  Telle Hulk en colère, elle se transforme parfois en

http://dark-vadette.over-blog.com 
 

pour rendre chèvre sa jeune maman.

Mais quel amour cet enfant !

 Au plaisir de vous lire,

La blogueuse masquée

 

 


Par Marie Poppins
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Jeudi 7 août 2008

Spéciale dédicace à tous les Caliméro de la Terre

 


Je suis une poupée à fonction. J’ai le corps couvert de boutons poussoir à activer à volonté. Une pression sur le genou droit ? Une petite voix de chat ensommeillé ou d’oisillon plaintif se déclenche : « J’ai pas de vacances. ». Le mollet droit ? « Ma chef est une c…. ».

J’en ai un sur chaque orteil : « je suis mal payée ». « Je suis hors forfait ». « Le chien du voisin a fait pipi sur mon paillasson ». « Toutes mes culottes sont au sale ». « Mon voisin de RER ne sent pas bon ». « En plus il prend toute la place ». « Bon sang, pourquoi est-ce qu’on s’arrête sous un tunnel ? ». « Arrg, il n’y a plus de lumière ». « Mais c’est quoi cette main moite et potelée sur ma cuisse ??? ». « Arrrrrgggggggg et re-aaarrrrrggg ! »

 

La vie est dure parfois. Mais moi, j’aime bien mes boutons poussoir. D’abord ca occupe. En plus, je me trouve assez douée dans leur maniement. A mes heures perdues, je joue des petites mélodies du ressassement et j’égrène les accords, telle une virtuose de la déprime quotidienne sur son clavier Bontempi. Je varie les rythmes en fonction des saisons : je suis mélancolique, un peu, beaucoup, passionnément, pianissimo dans les aigus ou forte dans les graves. J'enchaîne les vocalises, telle une diva de la complainte. Parfois, je rencontre des gens tellement plus incroyablement doués que moi dans la râlerie que je ne peux qu’admirer l’artiste, en connaisseuse. Et prendre conscience que mon petit niveau d’amateur me suffit amplement. En fait. Que je devrais peut-être même penser à changer de disque parfois.

 

Un jour, par erreur, j’ai déclenché tous mes boutons poussoir en même temps. Une grande symphonie de la tristesse, une incompréhensible cacophonie du désespoir s’est aussitôt mise en branle. La machine a capoté. Ma carte de programmation s’est mise hors service, et moi avec. J’avais beau tourner la manivelle de mon orgue de Barbarie personnel pour retrouver le ronronnement rassurant de ma complainte quotidienne, il ne régnait plus dans mon esprit qu’un gigantesque brouhaha, assourdissant, éreintant, déprimant. Un acouphène du désespoir.

 

Alors je suis allée voir une marchande de bonheur. « Change de disque, je vais te faire écouter de la bonne musique », m’a-t-elle dit. Elle m’a donné une nouvelle carte de programmation à utiliser sans modération.

 

J’avoue que c’est pas mal. C’est sûr, ça fait un choc. C’est comme passer de Cindy Sander à Jimmy Hendrix. Ca surprend. Et puis parfois, on est tellement content d’avoir de la daube à écouter en boucle pour se défouler en soirée. Mais quand même. J’ai découvert des morceaux assez sympas, tel que « Hé, il fait super beau ce matin. » « Travailler le lundi au soleil, c’est quand même plus sympa que sous la pluie ». « Génial, le RER est à l’heure, en plus j’ai de la place ». Bon, parfois mes 2 programmes s’emmêlent : « Génial, ma chef est une peau de vache ». « Quelle déveine, j’ai gagné au loto, comment je vais assumer tout ce fric ? ». Ou encore « Trop le pied, mon mec m’a larguée. » Ca donne des associations plutôt détonantes. Et assez rock’n’roll finalement. Ben oui, quoi, c’est vrai. Au fond c’était un boulet ce type. Il m’empêchait de vivre. Des mois que je n’osais me l’avouer.

 

Depuis, j’ai laissé tomber mon orgue électronique et j’ai investi dans un piano à queue. Je débute, mais maintenant je décline la gamme de tous les sentiments humains. Un soupçon d’agacement au bureau ? Une enquiquineuse qui s’escrime à me déchirer le tympan en me vomissant au creux de l’oreille sa rage et sa frustration ? Je m’exerce à varier les contrastes. Rien de plus saisissant, après un excès de violence, qu’une ode à l’amour universel et à l’humour décalé. Et si ça ne marche pas, j’opte pour la visualisation créative : « hé ouais, elle fait moins la maligne dans son costume de culbuto géant, la mémé. »

 

Petit à petit, je deviens une vraie mélomane du bonheur. Certes, j’avoue, je commets encore quelques fausses notes ; des accords dissonnants qui égratignent parfois les oreilles délicates de mon entourage. Disons que je pratique la musique expérimentale. Mais je progresse. Et puis j’ai découvert des morceaux géants, tels que : « Barbie à fonction part camper dans le désert ». « Barbie à fonction se fait des amis super sympas ». Et aussi, « Barbie à fonction a trouvé un appart génial avec tous les accessoires d’une Barbie heureuse à en pleurer de mièvrerie ». Mais que c’est bon d’être une Barbie à fonction et d’activer les boutons du bonheur. 

 

Moralité : tu broies du noir ? Change de disquaire.

 

Par Marie-Poppins
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Marie Poppins

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